L’unite de bien commun : pourquoi, comment ?
Socle conceptuel de l’UBiC
Les instruments économiques et monétaires actuels reconnaissent principalement la valeur privée des échanges, tout en laissant hors champ la valeur associée au soin des biens communs sociaux et environnementaux.
La symétrie transactionnelle est un verrou structurel, elle ne matérialise pas économiquement les externalités des activités.
L’échec récurrent de monnaies complémentaires locales reposant sur des principes symétriques est une illustration des limites structurelles de ces instruments, indépendamment de l’engagement des acteurs impliqués.
L’enjeu est de mieux reconnaître, mesurer et matérialiser la valeur économique des activités qui prennent soin des biens communs territoriaux, afin qu’elles se muent en sources de valeur économique pour le territoire, plutôt que de demeurer durablement perçues comme des coûts d’investissement ou de correction des défaillances du marché
Exemple des low tech
Au dela d’un ensemble de solutions techniques isolées, les low tech une démarche visant à repenser les systèmes techniques à partir de leur utilité réelle pour les territoires.
Cette démarche repose sur trois principes indissociables :
- L’utilité, en concentrant les efforts sur la satisfaction de besoins reconnus collectivement comme essentiels ;
- La durabilité, en concevant des systèmes soignant les équilibres écologiques et humains ;
- L’accessibilité, en favorisant l’appropriation locale des solutions par leur simplicité, leur transmissibilité et l’autonomisation des usagers.
Dans cette perspective, les solutions Low-Tech ne prennent sens que si elles sont conçues en symbiose avec leur écosystème territorial, en lien étroit avec les ressources locales, les compétences présentes et les usages réels.
Cette exigence met toutefois en évidence une difficulté structurelle : les activités Low-Tech, comme plus largement les activités d’intérêt général, peinent à trouver une vitalité économique dans les cadres dominants de l’économie de marché. En effet, en prenant prioritairement soin de l’intérêt collectif et de la valeur sociale et environnementale, elles produisent des bénéfices insuffisamment reconnus par des mécanismes économiques valorisant avant tout les intérêts privés lors des échanges. Il en résulte un transfert de la prise en charge de ces coûts vers la puissance publique, via subventions, services publics et dispositifs correctifs.
Le defi est de rendre visibles, partageables et soutenables économiquement les activités qui prennent soin du Bien Commun territorial, aujourd’hui majoritairement perçues comme des coûts, et non comme des sources de valeur à part entière.
Proposition de déploiement territorial
Axe 1 – Évaluation territorialisée
Cet axe vise à renforcer la capacité du territoire à identifier ses besoins collectifs essentiels, à reconnaître ses richesses sociales et environnementales, et à évaluer la contribution réelle des activités et projets au Bien Commun. Il vise à produire des repères partagés susceptibles d’éclairer l’action collective, d’en attester la valeur, et de créer les marchés associés.
Axe 2 – Ingénierie et innovation Low-Tech territoriale
Cet axe concerne la capacité du territoire à concevoir, tester et diffuser des solutions Low-Tech adaptées à ses besoins. Il repose sur le développement de capacités d’ingénierie locales, la mobilisation de partenariats industriels, académiques et de recherche, et la coordination opérationnelle d’actions Low-Tech.
Axe 3 – Outils de coopération territoriale
Cet axe vise à faciliter la coopération entre acteurs publics, associatifs, économiques, académiques et citoyens. Il porte sur la conception et l’expérimentation de méthodes, d’outils et d’architectures de coopération permettant la mise en relation, la coordination et l’action collective.
Axe 4 – Outils de valorisation économique
Enfin, cet axe explore des pistes de reconnaissance économique des activités à forte utilité sociale et environnementale. Il a été travaillé durant le mécénat sous forme d’outils pédagogiques, de recherche et d’expérimentation conceptuelle, ouvrant des perspectives pour une meilleure reconnaissance monétaire de la valeur collective créée par les activités, notamment l’ingénierie Low-Tech, qui visent le Bien Commun à l’échelle territoriale.
Articulation entre les axes
Ces quatre axes forment un système cohérent : L’évaluation territorialisée permet d’identifier les besoins et de qualifier ce qui fait valeur pour le territoire. L’ingénierie Low-Tech permet de concevoir et de déployer des réponses adaptées. Les outils de coopération rendent possible l’action collective. Les outils de valorisation économique ouvrent des perspectives de soutenabilité et de reconnaissance.